Exposition - Displaced
De Marie Dorigny

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Le Souffle
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Ode à la Bienveillance
Médiathèque de Saint-Valery en Caux
Saint-Valery en Caux
Du 4 au 6 oct
10h > 12h / 14h >18h

En savoir plus Description de l'exposition

Au mois de décembre 2015 quand Marie Dorigny s’envole pour Lesbos, quelque chose vient de changer pour les réfugiés qui arrivent depuis l’été par milliers sur les côtes rocheuses des iles grecques : L’Europe a fait un geste. Elle entrouvre sa porte. Le cadavre d’un petit garçon comme endormi pour toujours sur le sable, a semble –t-il troublé sa bonne conscience.

Au Parlement Européen, un rapport s’alarme de la situation des femmes demandeuses d’asile et des difficultés spécifiques qu’elles rencontrent sur la route de l’exil. Elles forment, avec les enfants, la moitié de la population en mouvement.
Un reportage photo est alors commandé par le Parlement à Marie Dorigny. Elle les suivra depuis les plages de Lesbos jusqu’aux foyers d’Allemagne. Il y a longtemps, qu’au fil de ses voyages, Marie Dorigny regarde et photographie les femmes, moitié silencieuse qui tisse un filet de sécurité autour du monde. Elles ont toujours charge d’autres vies que la leur.

Regardez-les qui n’ont jamais vu la mer et tremblent sur les canots, qui ajoutent sur leur fichu le brillant d’une couverture de survie, qui supplient le laissez passer des autorités, qui s’arrondissent dans les allées d’un train, qui marchent dans la nuit le long d’un grillage entre deux points de passage.....Elles ne vont jamais seules. Il y des enfants au creux de leur ventre, au creux de leur bras, au bout de leur main. Et bientôt, dans la lenteur ou la vitesse, on ne distingue plus vraiment la paysanne des montagnes de l’urbaine des beaux quartiers, la Syrienne, de l’Irakienne, de l’Afghane. Rien ne ressemble plus à celui qui fuit que celui qui fuit.
La mère à l’enfant est une image hors du temps .

C’est pourtant au tournant de l‘année 2016 que ces photos ont été prises. La date est importante. Car le geste de l’Europe ne fut que de courte durée. Quelques mois plus tard, en Mars, l’Union européenne et la Turquie signaient un accord pour réduire la migration vers l’Europe. Il n’y a donc plus autant de bras volontaires offrant secours et étreintes sur les plages de Lesbos, un cordon policier les empêche d’approcher. Plus de camp de transit, on l’appelle centre de rétention. Plus de passage ouvert entre Grèce et Macédoine. Plus de bus, de train, plus d’escorte officielle. Les passeurs ont repris leur criminel marchandage.

Ces photos sombres racontent donc une éclaircie. Ces visages hébétés, inquiets, épuisés, un vague sentiment de sécurité. Ces trains bondés, fermés à double tour, filant dans la nuit à l’abri des regards et des opinions, un moment d’ouverture. Ces foyers froids d’Allemagne sont la terre promise.
Ces photos racontent le maximum que l’Humanité sut offrir. Elles ne pourraient plus être prises aujourd’hui.

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